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Du 21 maiMonsieur le prévost des marchands arrive de Paris Le lendemain, on publie une ordonnance de la Conservation portant prolongation des payements de Pâques qui commenceront seulement au 1er juillet & finiront au 3e du mois d'aoust. La rareté de l’argent, non obstant la diminution des espèces, le peu de débit des marchandises, l'insolvabilité des gens d'affaires à Paris, différentes grosses banqueroutes faites tant à Marseille, Roüen, Paris, que dans cette ville, qui réfléchissent sur quelques principaux négociants de la place des changes, ont donné lieu à cette prorogation qui ne s'est jamais faite & ne doit se faire que pour des cas & des considérations extraordinaires pour ne pas donner atteinte au crédit de la place de Lyon.

En juillet 1715 La rareté de l’argent, les différentes banqueroutes & le grand nombre de mauvaises affaires continuant toujours sur la place du change, on a encore continué la prorogation du payement de Pâques jusqu'au 3e de septembre. Ce qui ne s'étoit encore jamais vû jusqu'à présent en pareil cas. Monsieur Laureau, échevin en place, s'est trouvé dans l’impossibilité de souder son bilan. Comme il s'est embarrassé avec des gens d'affaire de Paris qui n'ont pas satisfait à leurs engagements envers luy, il n'a pas pu payer les sommes considérables qu'il doit à un nombre infini de négociants & de bourgeois de la ville. La place qu'il tient d'échevin le met à couvert de la contrainte & luy procure quelque douceur contre ses créanciers; sans quoy la banqueroute seroit ouverte. On ne sait point comme il s'en tirera, luy & ses créanciers. Ce qui est de vray, c'est que, de mémoire d'homme, on

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